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INFO : Arnaquée lors de son pélerinage à la Mecque, elle revient en France ruinée


Nafissa n'imaginait pas que son pèlerinage à la Mecque virerait au cauchemar total. 

En 2016, cette Marseillaise de 47 ans recourt à une agence pour organiser ce voyage, décisif dans la vie spirituelle des musulmans pratiquants. Ils sont quelque 17.000 Français à s'y rendre cette année-là. On lui promet un séjour de rêve : hôtel chic 5 étoiles, guide agréé, tous frais payés… Nafissa réalise trop tard qu'elle a affaire à des escrocs. Elle raconte pour RMC.fr.

Nafissa est agente de sûreté aéroportuaire. 
En 2016, son pèlerinage à la Mecque, en Arabie Saoudite, est gâché par un rabatteur. Depuis, elle a rejoint comme secrétaire l'ACEF, une association de protection des pèlerins.

"Le 2 septembre 2016, j'ai embarqué pour ce qui aurait dû être le voyage de ma vie. Des économies de plusieurs années, anéanties en quelques jours par des rabatteurs sans scrupules et sans remords.

Ma soeur, ma cousine et moi souhaitions faire notre hajj (pèlerinage). Une connaissance de mon père, que je dois aujourd'hui appeler un rabatteur, a appris notre projet par mon père. Il nous a proposé une agence agréée pour les pèlerinages à Nîmes, avec laquelle il travaillait. Il a promis de prendre soin de nous. Confiantes, on lui a donné nos passeports, et un chèque d'acompte conséquent de 1500 euros.


Il nous a présenté une brochure extraordinaire : vol direct Marseille-Djeddah (Arabie saoudite) (où atterrissent tous les pèlerins pour la Mecque), hôtel chic 5 étoiles au pied de la Grande Mosquée... Le tout pour 5000 euros. Tout semblait parfait. Mais 10 jours avant le voyage, il se présente à notre domicile, et veut récupérer le reste de la somme. Il en avait besoin pour "finaliser" le dossier. Et urgemment, parce qu'il y avait trop de voyageurs et qu'il fallait sécuriser nos places. On lui a donné.
"On a pensé que l'arnaque s'arrêterait là"

Cela ne nous a pas trop inquiétées. Mais six jours avant le départ, on a reçu un nouveau programme de voyage, qu'on n'avait cessé de réclamer. Et là... surprise. Tout avait changé. On ne partait plus le 29 août, mais le 2 septembre. Au lieu de 30, le pèlerinage durait 25 jours. Le vol avait désormais une escale à Istanbul. L'hôtel n'avait plus que 3 étoiles, et était situé non plus au pied mais à 5 kilomètres de la Grande mosquée.

On a hurlé de colère. On pensait que l'arnaque s'arrêterait là. Mais le plus gros était pour après, quand nous avons été abandonnées à notre atterrissage à Djeddah. On était un groupe de 30 pèlerins. Les responsables de l'agence de Nîmes n'étaient plus joignables au téléphone. Il n'y avait pas de guide!



    "C'est pourtant obligatoire qu'un guide agréé, qui travaille avec l'agence, nous accompagne tout le long du pèlerinage. Pour les visites guidées, pour accéder aux rituels, ou si quelqu'un tombe malade..."

Le manager nous a laissé en plan, sans personne, dans un pays étranger, où les trois quarts d'entre nous ne parlent pas la langue. Seul un chauffeur de bus avait pour mission de nous conduire à l'hôtel.
"Un hôtel minable, insalubre"

Mais il s'est rendu dans les quartiers nord de la Mecque, les quartiers low cost, à cinq ou six kilomètres de Mina (où se dressent des tentes de pèlerins).

A la réception de l'hôtel, tout était sale, minable, insalubre. Ils nous dit qu'on ne nous attendaient pas avant le 4 septembre. On a attendu des heures dans le hall, épuisés. On a  compris qu'on n'était pas dans l'hôtel prévu. On s'est retrouvés à quatre ou cinq dans des chambres prévues pour deux. Il y avait des bennes à ordures devant l'hôtel, des cafards morts dans les chambres... Un cauchemar.

    "Notre guide ne répondait pas au téléphone. Certains pèlerins sont allés à la police, mais ils n'ont rien pu faire sur place."

C'est alors qu'on a appris que nos dossiers avaient été revendus à une agence à Paris, qui à son tour nous a refourgués à une agence à Nice. On a été achetés, revendus, ballottés d'une agence à l'autre. Et plus il y a d'intermédiaires, plus ils prennent des commissions, et moins on a de confort...
"Presque 800 euros de frais en plus"

On était livrés à nous-mêmes. On a dû payer des bus, des taxis pour se rendre aux prières. On se faisait arnaquer par les taxis parce que nous ne connaissions pas le pays.

Puis, à Mina, là où les pèlerins dressent leurs tentes pour les rituels, on s'est retrouvé à 150 sous une tente prévue pour 80. C'était sale. On aurait dit un camp de concentration.

    "Sans guide, on ne pouvait pas aller voir les endroits spécifiques. Là où est né le prophète, là où ont eu lieu certains batailles... On a du louer des taxis, des minibus et se débrouiller pour visiter nous-mêmes. Presque 800 euros de frais en plus. Fin septembre, on a pu aller dans un meilleur hôtel, qui coûtait 50% moins cher à la fin du pèlerinage."


Un pèlerin est tombé malade, il a eu une crise d'angoisse. Bien sûr, il n'y avait personne de l'agence pour nous aider. C'est de la mise en danger de la vie d'autrui.
"Un business honteux contre les préceptes de l'islam"

Ce business est un filon honteux. Il va à l'encontre des préceptes de l'islam -entraide, solidarité, honnêteté- et de toutes les qualités que doit avoir un croyant. Ils profitent et abusent de notre confiance. Quand on part à la Mecque, on ne s'imagine pas que quelqu'un va faire du business sur un pilier de l'islam, fondamental, celui du pèlerinage. C'est inadmissible, c'est au-delà des mots.

Pour certains, c'est l'économie d'une vie. Personnellement, ça m'a pris cinq ou six ans pour réunir la somme, en puisant dans mes 13e mois, les anniversaires... On met 700 euros de côté par an.

    "On a surtout été privés de plusieurs bienfaits du pèlerinage, comme certaines prières nocturnes, qui sont des récompenses incroyables pour nous musulmans… Tout ça parce que des gens sans scrupules ont décidé de nous pourrir notre hajj. "

Le pire, ce n'est pas moi. J'ai 47 ans, je peux me débrouiller. Mais il y avait des personnes âgées, de 70, 80 ans dans notre groupe. Ils étaient perdus, m'ont dit qu'ils avaient économisé toute leur vie pour ce voyage. Ils m'ont fait pleurer.

Les cas de ces trois agences à Nice, Paris et Nîmes, seront présentés bientôt au service des fraudes. On a rassemblé des témoignages, des photos, des vidéos... Des têtes tomberont."


source page bfm







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