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Réponse à une soeur éprouvée par le célibat


Je demande à Allah que si le mariage n'est pas ma destinée qu'Il m'apaise, que ma vie soit tournée vers d'autres projets, mais en vain.....Le mariage ce n'est pas le but dans cette vie, ce n'est qu'un moyen qui permet une certaine stabilité, un équilibre. Une femme a besoin d'un homme et vice-versa. Allah (exalté soit-Il) a créé  toute chose en couple.


Par ailleurs, je prends de l'âge. La trentaine m'angoisse encore plus. Ne faisant pas vraiment mon âge (j’ai l’air assez jeûne), cela ne change rien, le temps passe tellement vite...


Concernant salât al istikhara, aura-t-elle un sens si je demande à Allah de dire si le projet du mariage est un bien ou pas pour moi ?


Je suis désolée. Je ne vous ai donné que quelques éléments, le sujet m'étant très sensible, je communique un peu difficilement là-dessus.


D'avance, je vous remercie cher frère pour l'apport que vous pourrez apporter à mes questionnements.


Jazak Allâhu khayran.


Très fraternellement.
 

Réponse :



بِسْمِ اللهِ الرَّحْمنِ الرَّحِيمِ



Votre expérience est tout à fait représentative du quotidien de certains célibataires musulmans, qui à force d’attendre l’exaucement de leurs invocations, finissent par prêter oreille aux chuchotements de Satan, qui leur inspire scepticisme et relâchement. Je suis sûr que beaucoup se reconnaîtront dans votre témoignage. Aussi, votre doléance mérite à mon sens une réponse quelque peu substantielle.



Avant toute chose, j’aimerais rebondir sur certaines de vos formulations. Vous dîtes au début de votre message, que vous avez épuisé toutes les causes possibles. Or, là est peut-être le problème. Je ne sais en réalité, de là où je me trouve, ce qui se cache en termes de méthodes, derrière cette formule générale. Au moment de faire un bilan et lorsqu'il s'agit de constater un échec, beaucoup estiment avoir fait le nécessaire pour arriver à leurs fins. Pourtant, tous les êtres humains n’ont pas le même degré de connaissance, et cela explique en partie, les différences de niveaux sociaux et religieux, les échecs et les réussites.


قُلْ هَلْ يَسْتَوِي الَّذِينَ يَعْلَمُونَ وَالَّذِينَ لا يَعْلَمُونَ 


Dis : Sont-ils égaux ceux qui savent et ceux qui ne savent pas ? Sourate Az-zumar.



L’une des pires situations dans laquelle peut s’enliser le serviteur, est l’installation progressive vers un univers de connaissances illusoires, à la surface quantitative mais qui cache en réalité, une qualité superficielle. Je m’explique. Les théologiens ont distingué deux sortes d’ignorances. La première est appelée « Jahl Bassit », l’ignorance simple. Il s’agit de l’ignorance par laquelle passe tout un chacun, et qui sera dissipée par la science. La seconde, plus sournoise, est appelée « Jahl murrakab » ou ignorance complexe. C’est le cas de certaines personnes qui croient savoir, mais qui en réalité ne savent pas ce qu’elles doivent réellement savoir. Autrement dit, elles détiennent certes un ou plusieurs fragments de science qui les convainquent d’être « savantes » sur une question, mais cela ne leur suffit pas pour atteindre leurs objectifs ou encore satisfaire Allah (exalté soit-Il). Dire « Je sais » est un mur que construit Satan afin d’empêcher le serviteur de poursuivre ses investigations. Il se repose finalement sur ses lauriers, fatigué de tant d’efforts, et reste en compagnie de ses connaissances insuffisantes, tandis que le chemin de son exaucement existe pourtant…
Cela correspond tout à fait aux déductions d'Ibnul Jawzi dans Talbis Iblis « Sache que le premier embrouillement du Diable sur les gens, tient au fait qu’il les a détournés de la recherche de la connaissance. Car la connaissance est une lumière, et s'il éteint leurs lampes, il peut les orienter vers les ténèbres à sa guise. »
Il va sans dire que celui qui croit savoir, lira cette citation avec peu d’intérêt, puisqu'il considère être suffisamment renseigné sur le mal qu'il vit. Tant il est vrai que parmi les véritables caractéristiques du savant, figure cette aptitude à considérer sa propre science comme insuffisante. Autrement dit, la seule chose que l’on sait vraiment, c’est que l’on ne sait pas grand-chose et qu’il faut constamment chercher à en savoir davantage.



Ainsi, le premier conseil que j’aimerais vous donner chère sœur, serait de vous essayer à l’Espoir avec un grand E. Non pas que je conteste votre déduction, mais je pense qu’il serait plus optimiste de votre part, de croire en l’espoir d’une ou de plusieurs solutions méconnues. Car c’est en réalité lorsqu’on pense avoir négocié toutes les options envisageables, que l’on se met à conclure prématurément sur la caducité d’une théorie (celle-ci étant l’exaucement authentique). Le verre est à la fois rempli à moitié, et vide à moitié. Libre à vous d’opter pour l’une de ces deux considérations.




Le célibataire fort n’abandonne jamais, même si le monde entier le renvoie à ses échecs ou à ses supposés défauts. Si la destination est connue, qu’il n’y a aucun doute à son sujet (car l’exaucement est promis par le Très-Haut), il existe peut-être un élément qui nous ralentis ou qui explique notre non-atteinte de l’objectif. Ibnul Qayyim disait que :


« Toute connaissance ou tout acte qui ne fait pas accroître la foi et ne la renforce pas, comporte un défaut»


Il ne s’agit pas là d’une belle phrase qui n’a pour vocation que de susciter l’émotion dans les réseaux sociaux, et que l’on oublie quelques instants après l’avoir lue. Ce que veut dire Ibnul Qayyim, c’est que les promesses divines et prophétiques sont à la fois sûres et parfaites. Sûres, dans la mesure où elles proviennent du Vrai qui ne se trompe jamais (et l’exaucement est sûr et certain, tant qu’on y croit avec patience et fermeté) ; et parfaites, car tout a été enseigné en termes de méthodes et de solutions par le Messager d’Allah (prière et salut sur lui). Autrement dit, celui qui agit de manière insuffisante au regard des sources, ou de manière excessive, ne doit pas s’étonner de ne pas atteindre ses objectifs. Le défaut ne vient pas de la théorie, mais de celui qui pratique certainement autre chose que la théorie requise.


Le non-exaucement des invocations, et plus particulièrement celles qui concernent le mariage, n’est pas définitif de manière systématique. Je veux dire par là qu’il existe de nombreux célibataires qui pensent à tord que l’exaucement doit se manifester dans l'immédiat ou sous un délai court. Ceci constitue une erreur d’appréciation majeure dans la croyance et la compréhension du thème de l’invocation. Le non-exaucement en apparence peut cacher en réalité un exaucement qui met du temps à prendre forme. C’est là une subtilité profonde de l’univers des invocations. Mais j’y viendrai un peu plus tard incha Allah.


Admet-on-le. Il est très difficile de se convaincre à soi-même d’être à côté de la plaque en termes de pratique. Pourtant, si dans les faits nous sommes insuffisants, cela n’a rien d’irrévocable. Il n’y a que l’introspection, le mea-culpa et la correction qui permettent d’atteindre ses objectifs, et certainement pas des convictions gelées et soudées sur des socles fallacieux ou hypothétiques. Bien entendu, je ne vous vise pas personnellement ici. Je profite de l’occasion qui m’est donnée afin d’exercer une piqûre de rappel aux frères et sœurs qui accusent parfois leurs invocations de stérilité, sans qu’ils n’aient respecté un temps soi peu les fondamentaux de cette noble adoration…


Par ailleurs, quand bien même notre pratique religieuse ne souffrirait d’aucune tare et d’aucun péché, cela ne suffirait pas dans l’absolu. A ce sujet, je profite de l’occasion pour vous citer un hadith peu connu, mais tellement important pour la foi, qu’il mérite d’être cité ici. Dans cette narration recensée authentiquement par Al Bazzar et d’autres, le Messager d’Allah (prière et salut sur lui) :


لو لم تكونوا تذنبون لخفت عليكم ما هو أكبر من ذلك العُجْب العُجْب 


« Si vous ne commettiez pas de péchés, j’aurais crains pour vous quelque chose de plus grave encore : l’autosatisfaction, l’autosatisfaction » 


Autrement dit, si je vivais la même situation que vous, que je sois convaincu d’avoir accompli les repentirs adéquats, que je me sois abstenu de commettre des turpitudes, il me faudrait malgré tout rester constamment en introspection et craindre le châtiment d’Allah, tel que vous l’avez cité. Seulement, bien que vous vous distinguiez personnellement du désespoir (comme vous l’avez écrit précedemment), vous semblez opter pour le découragement, ce qui reste toujours aussi regrettable. Or, ceci est du point de vue des enseignements prophétiques, un vecteur puissant de non-exaucement comme je vais le préciser sous peu.


Mais avant cela, et comme vous avez certainement du le remarquer en parcourant Sous-Missions, je suis un bon client de métaphores et autres paraboles. Essayons donc d’imager les choses. L'idée consiste à vous ouvrir, ainsi qu’aux autres lecteurs, quelques pistes de réflexion et vous faire méditer sur le schéma de l’exaucement.


On dira que l’invocation est un bâtiment constitué de niveaux, son sommet étant l’exaucement. Chacun espère atteindre la cime de l’édifice. Il est des invoquants qui sont suffisamment versés dans la connaissance et qui savent où se trouvent les ascenseurs. D’autres préfèrent les construire eux-mêmes, conformément aux instructions dont ils ont pu bénéficier par la grâce d’Allah (car effectivement, l’exaucement se « construit » d’un point de vue religieux, en mettant par exemple et au préalable, de l’ordre dans sa vie).
Conséquemment, ils atteignent rapidement leurs objectifs. D’autres encore, ne sont pas même au courant qu’il existe des alternatives comme l’ascenseur. Ils sont convaincus que seuls les escaliers peuvent permettent d’atteindre le sommet du bâtiment. Et les voilà qui s’essoufflent, jour après jour. Toutefois, ces derniers se rapprochent crescendo du dernier étage, bien qu’ils ne sachent pas pour autant, combien de temps il leur faudra pour l’atteindre. Et puis, il arrive qu’une fois parvenus à l’étage de l’impatience, des mois, voir des années après avoir escaladé les marches du bâtiment de l’invocation, certains locataires diaboliques qu’ils croisent sur leur chemin, se mettent à leur insuffler tout un tas de rumeurs sur la non-existence de ce fameux dernier étage. Leur longue expérience du genre humain et leur rhétorique enivrante les subjuguent. Ils se mettent à douter de la possibilité d’une issue.
Pire encore, une rumeur de casting se juxtapose à leur anxiété. Bien qu’ils candidatent pour un projet noble, que l’objet de leur invocation soit licite et qu’ils respectent le règlement du bâtiment encadré au rez-de-chaussée, ces curieux locataires leur ensorcellent l’esprit avec un élixir des plus perfides : il existerait en fait, des gens éligibles à l’exaucement, et d’autres inéligibles. Ébranlés par ces funestes prédictions qui relèvent pourtant de la pure conjecture, certains célibataires, désespérés par la nouvelle « découverte », se mettent à se jeter par la fenêtre, abandonnant par là et d’une fâcheuse manière, le bâtiment de l’invocation. L’imposture a atteint son objectif, tandis que l’invoquant a abandonné le sien. 


D’autres, encore sous l’effet de l’invocation et de la puissante dynamique qu’elle propulse, se décident de rebrousser chemin et finissent par descendre les marches. C’est à ce moment précis que leur abandon progressif de l’invocation commence. L’arrivée au rez-de-chaussée sur lequel se sont écrasés les premiers, n’est qu’une question de temps. Ils seront bientôt et tous les deux, au même niveau, loin, très loin de l’exaucement près duquel ils étaient pourtant, tandis que d’autres, à force de patience et d’espérance, arriveront tôt ou tard, à leur destination. Les deux premiers chutent alors dans le mal auquel faisait référence le Messager d’Allah (prière et salut sur lui) :


لا يزالُ يستجابُ للعبدِ ما لم يدعُ بإثمٍ أو قطيعةِ رحمٍ . ما لم يَسْتَعْجِلْ . قيل : يا رسولَ اللهِ ! ما الاستعجالُ ؟ قال يقولُ : قد دعوتُ ، وقد دعوتُ ، فلم أرَ يستجيبُ لي . فيستحسرُ عند ذلك ، ويدعْ الدعاءَ 


« Le serviteur ne cesse d’être exaucé tant qu’il ne sollicite pas un péché ou une rupture de lien de parenté, et tant qu’il ne s’empresse pas. On demanda : Ô Messager d’Allah, qu’est-ce que l’empressement ? C’est lorsqu’il dit : J’ai invoqué et j’ai invoqué et je n’ai rien vu d’exaucé. Dès lors, il se décourage et abandonne l’invocation »


N’est-ce pas exactement le contexte dans lequel vous semblez vous installer chère sœur ? Cela dit, il me semble nécessaire de préciser certains fondamentaux, car les notions mêmes d’empressement et d’exaucement semblent floues pour une partie de nos frères et sœurs. Nombres de célibataires désirent qu’Allah exauce leurs invocations de la manière dont ils l'entendent. Rien n’est plus important à leur regard que cela. Pourtant, tel que le disait Allah (exalté soit-Il) dans la sourate Al Isra :


وَيَدْعُ الإِنسَانُ بِالشَّرِّ دُعَاءَهُ بِالْخَيْرِ وَكَانَ الإِنسَانُ عَجُولاً 


Et l’Homme invoque en demandant le mal comme il invoque en demandant le bien, et l’Homme est pressé (par nature).


Autrement dit, poussé par la frénésie et la passion qui le dominent, il arrive que l’invoquant ne sache plus distinguer le bien du mal. Il est obnubilé par son projet et inquiet par le temps qui passe, jusqu’à ce qu’il dise publiquement ou intérieurement « J’ai trop attendu ». N’est-ce pas là le signe même de l’impatience et de l’empressement ? Allah (exalté soit-Il) n’est-Il pas le Seul et l’Unique, qui mérite d’être attendu le Seul et l’Unique qui mérite de témoigner de notre endurance, le temps qu’il faudra ?



Vous parliez également de résignation, en vous forçant à accepter l’idée selon laquelle ce projet de mariage ne se réalisera peut-être jamais. Permettez-moi chère sœur d’en douter. De mon point de vue, on ne peut se résigner qu’en face d’éléments irréversibles, ou encore pour des situations où l’espoir constitue un non-sens. C’est le cas par exemple pour la mort d’un proche, lorsqu’on a atteint un point de non-retour. Se résigner face au décret d’Allah est quelque chose de tout à fait noble, voire même de conseillé. Aussi, le bon sens voudrait qu’on ne sollicite pas Allah afin qu’Il ressuscite un défunt. Les morts ont désormais basculé de l’autre côté de notre monde et bien qu’Allah soit tout à fait capable de les ressusciter, Il ne le fera que le jour du jugement dernier. En revanche, pour ce qui est du mariage, même à un âge avancé, il est proprement inconvenant de la part du célibataire de se résigner, puisque cette initiative n’est en rien incompatible avec l’âge, aussi avancé soit-il. Un célibataire, même sexagénaire, n’a pas à se résigner. Au contraire, cela dénoterait en lui une faiblesse qu’il ne mérite en rien. En théorie, l'individu doit avec l'âge, gagner en sagesse. C'est tout le contraire qui se manifeste malheureusement chez certains.
Nombreux sont les célibataires au sein de la communauté qui affirment à tord l'idée selon laquelle Allah (exalté soit-Il) ne leur a pas écrit le mariage. En employant le passé composé, elles considèrent en réalité cet état comme une condamnation définitive ou quasi-définitive qui se perpétue dans le temps. Pourquoi ne diraient-elles pas qu’Allah (exalté soit-Il) ne leur a pas écrit le mariage pour le moment ? Tant que l’individu est vivant, tant qu’il respire, il reste éligible au mariage. Ibn Massou’d (qu’Allah l’agrée) disait :


لو لم يبق من أجلي إلا عشرة أيام وأعلم أني أموت في آخرها يوماً ولي طَوْل النكاح فيهن لتزوجت مخافة الفتنة 


« Même s’il ne me restait que dix jours à vivre, je me marierai le dernier si je le pouvais, par crainte de tomber dans l’illicite »


D’ailleurs à ce sujet, je suis tombé avant-hier (Puisse Allah être loué pour ce qui ne ressemble certainement pas à une coïncidence) sur un fait divers racontant l’histoire d’un homme qui souffrait d’une maladie de la peau. Son faciès était tellement gâté et difforme que certains l’ont affublé du sobriquet de « l’homme sans visage ».
Cet indien de 32 ans a réussi non seulement à se marier, mais en plus, Allah (exalté soit-Il) lui a donné un petit fils en bonne santé issu de cette union. Puisse Allah être Loué pour cette merveilleuse nouvelle ! Je pense que vous devriez méditer personnellement, ainsi que tous les célibataires qui perdent confiance en eux, sur cette expérience pleine de Miséricorde et d’espoir. Cet homme aurait très bien pu être considéré comme un cas désespéré. Mais Allah (exalté soit-Il) en a voulu autrement, et une chose est sûre, seuls l’effort et la patience peuvent aboutir à ce genre d’happy-end. Quoiqu’il en soit et en réalité, les exemples du genre sont nombreux dans notre planète. Ne vous singularisez pas en tendant la main au relâchement.


Certains frères et sœurs se demandent jusqu’à quand il faut patienter dans l’invocation ? De mon point de vue, je pense qu’une bonne « hygiène spirituelle » devrait nous préserver de ce genre de questionnement. Pourquoi donc se fixer une limite pour une si noble adoration ?
L’invocation est tellement sensationnelle en termes de liens sacrés avec le Tout-Miséricordieux, qu’il ne m’intéresserait pas de savoir jusqu’à quand je devrais faire un effort pour me voir exaucé. Autrement, cela voudrait dire que l’objet de mon invocation est plus cher à mes yeux que l’invocation elle-même. Le fait est aussi qu’en réalité, certaines personnes ne voient l’invocation que sous la forme d’un processus mécanique, standardisé, documenté, etc, alors que derrière ce dispositif spirituel, se cache une ambiance du Tawhid qui n’a aucun prix.


Par ailleurs, le fait de se demander jusqu’à quand l’invocation est requise, cela implique de fait l’éventualité d’une impertinence de l’invocation. Par conséquent, cela montre à quel point l’invoquant qui se pose ce genre de questions est tout, sauf « certain de l’exaucement ». Et à ce sujet, le Messager d’Allah (prière et salut sur lui) disait :


ادعُوا اللهَ وأنتم مُوقِنُون بالإجابةِ واعلَموا أنَّ اللهَ لا يَستَجيبُ دُعاءً مِن قلبٍ غافِلٍ لاهٍ 


« Invoquez Allah tout en étant convaincus de l’exaucement. Et sachez qu’Allah n’exauce point une invocation qui provient d’un cœur négligeant, éparpillé. » Authentique par At-thirmidi.


Voilà un bien joli hadith qui dévoile l’une des raisons pour lesquelles certains invoquants n’arrivent pas à atteindre l’exaucement. Ils ont tellement attendus, qu’ils ne sont plus convaincus de l’exaucement. En agissant de la sorte, ils s’interdisent de fait l’exaucement ! Le contraire même du cœur négligeant et éparpillé, est le cœur qui vibre de sincérité et de certitude. C’est là que se trouve peut-être la clé de nos célibataires, et par extension de tout invoquant musulman. Vous écrivez « Je n'ai pas de doutes sur Son écoute et une probable réponse... »
Voilà un détail que l’on peut qualifier de regrettable chère sœur. Il n’y a de « probable réponse » qui vaille dans l’invocation. Si la norme prophétique stipule que l’état d’esprit de l’invoquant doive nécessairement impliquer la certitude, il n’y a plus rien de probable. Celui qui hésite n’est en rien comparable à celui qui est ferme dans ses convictions, n’est-ce pas ? 


Être convaincu ne veut pas dire faire preuve de certitude durant les premiers moments de l’invocation, lorsque le cœur est passionné, lorsque l’on tend les mains au ciel ou dans les tréfonds de nos prosternations. Puis, une fois le temps se faisant long, la certitude se métamorphose en doutes. Non, la certitude en l’exaucement se manifeste en réalité, tout au long du processus de l’invocation. C’est seulement là, qu’Allah éprouve notre sincérité et notre patience. Vous ne serez convaincue chère sœur, que lorsque vous persisterez dans vos convictions, inébranlable et confiante en la Sagesse divine, dans le temps, dans l’espace, dans l’aisance et dans l’adversité. Là seulement, vous aurez gagné les épreuves que d’autres avant vous ont manquées.


Quant à la trentaine qui approche, il est à croire que celle-ci jette parfois plus d’effroi dans le cœur de certains célibataires, que la simple mention du jour du jugement. Pourquoi donc subhan’Allah ? N’est-ce pas là un signe violent de colonie du cœur par les attraits de ce bas-monde ? Il est devenu très difficile de demander aux célibataires qui approchent la trentaine ou l’ont dépassé, de prendre du recul sur leur entourage, sur leur âge ou sur les témoignages qui les atteignent. C’est diront-ils, « trop facile pour vous qui êtes déjà mariés »…Quelqu’un qui ne veut pas de vous parce que vous êtes trop âgée à son goût, ne vous mérite tout simplement pas, dans la mesure où cette personne ne s’arrête qu’à votre enveloppe, alors que vos qualités intérieures méritent sûrement davantage de considération.
 

Je connais certains célibataires, qui une fois la trentaine passée, deviennent littéralement mauvais, agressifs et dominés par un raisonnement dur, à la limite du cynisme, condamnant presque tout ce qui bouge dans la communauté et à plus forte raison, les célibataires du sexe opposé. Cela fait sans aucun doute partie des fruits amers de l’impatience. Autant celui qui endure avec confiance dans son épreuve gagne en stabilité et en faveurs divines, autant celui qui ne patiente pas dans son épreuve gagne tout le contraire. Son verbe et son attitude deviennent ténébreux, il devient étroit d’esprit et indiscipliné. Il pense qu’il est incompris au milieu de gens injustes et qu’il est livré à lui-même. Ces personnes construisent autour d’elles des forteresses d’idées reçues à partir de leurs mésaventures locales, et elles s’y enferment volontairement. De déceptions en déceptions, elles en concluent que les musulmans de leur génération sont médiocres. J’espère sincèrement et pour votre bien chère sœur, qu’Allah vous préservera d’une telle trajectoire.


Les déceptions issues de muqabalas avortées n’engendrent pas seulement des rancunes grandes comme le mont Uhud. Un autre extrême voit des célibataires trentenaires ou quadragénaires qui se considèrent eux-mêmes comme trop médiocres pour les prétendants. Dans les deux cas, on perd confiance et on se relâche. Comme souvent, les deux antipodes gravitent autour d’un juste milieu, étouffé par les sentiments, l’émotion ou certaines idées reçues aux allures sociologiques, scientifiques ou religieuses. Pourtant, qui sait si la solution n’est pas ailleurs et proche en même temps ? Ne passons-nous pas chaque jour à proximité du Coran, qui pourtant contient largement de quoi nous suffire ? Il nous tend les bras, nous lui tendons notre indifférence. Il ne suffit pas de savoir que le Coran est la solution. La solution, c’est de mettre en œuvre avec fidélité et constance ses solutions. Je suis persuadé que de manière générale, nous ne manquons pas d’alternatives, que notre contexte n’est difficile qu’en surface et que les soutiens eux-aussi, ne manquent pas. Ce de quoi nous manquons en réalité chère sœur, c’est de frères et sœurs qui vibrent autour du credo des compagnons qu’Allah les agrées « Nous avons entendu et nous avons obéit ». Mais que cette obéissance ne se fasse pas de manière partielle et inachevée, auquel cas, elle n’arriverait pas à destination. Que de frères et sœurs effectivement, entament des « thérapies spirituelles » fondées sur le Coran et la Sunna authentique, sans jamais les conclurent. Et les voilà qui finissent par croire que tout ceci est inadapté à leur profil...W'Allahul musta'an.


J’ai rédigé quelques articles très courts sur certaines solutions spirituelles, ô combien profitables pour les éprouvés « message aux éprouvés » « le dénouement par le tahlil », etc. Malheureusement, lorsque je reviens auprès de mon entourage, éprouvé de quelque manière que ce soit, et lui demande s’il a bien mis en pratique ces directives prophétiques, la réponse est « non », « pas encore », ou "de temps en temps". Comment peut-on espérer bénéficier du soutien divin, tandis qu’on s’entête à esquiver Ses exhortations ? Il y a de quoi rester perplexe. On ne construit pas l'exaucement complet avec des efforts partiels...



De manière générale, il existe deux grands profils de célibataires musulmans. Les premiers sont tellement obsédés par la question du mariage, qu’ils invoquent Allah en accordant plus d’importance à l’exaucement de leur invocation (leur faciliter le mariage par exemple) qu’à autre chose. Rien n’est plus important pour eux que de concrétiser ce projet de vie qui bouillonne en eux. Chez ces personnes, cela va sans dire que le mariage en tant que jouissance terrestre a conquis leurs sens. Et même s’ils reconnaissent que le mariage va ou peut leur faciliter la vie spirituelle, le côté terrestre de cette ambition prend le pas sur l’aspect spirituel.


Quant aux seconds, la question du mariage étant également importante, ils considèrent toutefois le choix divin et la manière dont Allah (exalté soit-Il) exaucera leur invocation, comme étant plus digne d’intérêt. Quelque en soit le jour, l’année ou le moment où Allah (exalté soit-Il) exaucera leur invocation, cela importe peu, car rien n’est plus important selon eux, que la liberté d’Allah et Sa Sagesse. On les verrait alors dire :


« Peu importe les dispositions que Tu prendras Ô Allah pour m’exaucer cette invocation, je me soumets totalement, avec quiétude et assurance, à Ton décret, sans une once de doute possible, sans un atome de rancœur, car Je sais que Tu choisis au bon moment, ce qui est bon pour moi. Alors, je continuerai de T’invoquer, jusqu’à ce que, s’il le faut, je Te rencontre, sans avoir connu l’exaucement qui m’était cher, car Tu m’es plus cher que ce que mon âme désire »


Utopie ou réelle soumission ? Une fois que les sentiments aveuglent le serviteur, les plus pures des discours ont du mal à trouver une oreille patiente. L’abnégation est trop superficielle du point de vue de certains célibataires. Vous avez beau leur dire de prendre un certain recul, ils comprennent cela comme un abandon de projet. Pourtant, en prenant leurs distances provisoires avec ce qui prenait trop de place dans leur vie, ils pourront jouir d’une vue panoramique, en prenant connaissance des nombreuses voies qui mènent au bonheur ici-bas et dans l’au-delà. N’est-ce pas que la célèbre locution suggère « Reculer pour mieux sauter » ? Le fait est que le célibataire qui garde trop près des yeux le mariage et s’inscrit dans une forme d’oisiveté mélancolique, ne peut plus profiter de la multitude de bienfaits qu’Allah lui offre et qui peuvent W’Allahu a’lam, le rapprocher davantage de Lui (et ipso facto, lui faciliter l’exaucement tel qu’il le désire). A trop gamberger sur le célibat, on finit par perdre notre temps et laisser passer des occasions qui pouvaient sans nous en rendre compte, nous faciliter le mariage et passer à autre chose…


Enfin, vous dites « Concernant salât al istikhara, aura-t-elle un sens si je demande à Allah de dire si le projet du mariage est un bien ou pas pour moi ? » Personnellement, je serais incapable de demander ce genre de choses à Allah (exalté soit-Il), dans la mesure où religieusement parlant, cela constitue à mon sens, un non-sens. Allah (exalté soit-Il), ainsi que Son Envoyé (prière et salut sur lui) n’ont jusqu’à preuve du contraire, jamais conseillé le célibat à qui que ce soit. Au contraire, la norme est et restera à jamais, le mariage pour tous les croyants. Par conséquent, le mariage ne peut en aucun cas être un mal pour vous. Demander à Allah si le mariage est une bonne chose pour soi n’a pas de sens. En revanche, demander à Allah si le mariage avec une personne en particulier est une bonne chose, cela relève au contraire du bon sens. La nuance est fondamentale.

Qui que vous soyez, vous méritez le mariage chère sœur. Gravez-le dans la roche et lisez cette phrase le nombre de fois qu’il faudra, jusqu’à ce que vous en soyez convaincue.


Enfin, je terminerai sur la notion de timing. Celle-ci est capitale sur le plan spirituel, et quiconque désire atteindre de grands objectifs, devra nécessairement l’inscrire dans son équation de l’exaucement. L’exemple du Prophète Job (sur lui la Paix) nous montre à quel point l’Homme peut souffrir des années, sur les plans matériels, sanitaires, physiques, sentimentaux, etc, puis, Allah (exalté soit-Il) met un terme à son épreuve et le réintroduit dans un bonheur auquel il n’avait jamais songé auparavant. A la fin de la sourate Joseph, Allah (exalté soit-Il) dit :


حَتَّى إِذَا اسْتَيْأَسَ الرُّسُلُ وَظَنُّواْ أَنَّهُمْ قَدْ كُذِبُواْ جَاءَهُمْ نَصْرُنَا فَنُجِّيَ مَن نَّشَاء وَلاَ يُرَدُّ بَأْسُنَا عَنِ الْقَوْمِ الْمُجْرِمِينَ  

لَقَدْ كَانَ فِي قَصَصِهِمْ عِبْرَةٌ لِّأُولِي الأَلْبَابِ مَا كَانَ حَدِيثًا يُفْتَرَى وَلَكِن تَصْدِيقَ الَّذِي بَيْنَ يَدَيْهِ وَتَفْصِيلَ كُلِّ شَيْءٍ وَهُدًى وَرَحْمَةً لِّقَوْمٍ يُؤْمِنُونَ 


Quand les messagers faillirent perdre espoir (et que leurs adeptes) eurent pensé qu'ils étaient dupés, voilà que vint à eux Notre secours. Et furent sauvés ceux que Nous voulûmes. Mais Notre rigueur ne saurait être détournée des gens criminels. Dans leurs récits (des messagers), il y a certes une leçon pour les gens doués d'intelligence. Ce n'est point là un récit inventé. C'est au contraire la confirmation de ce qui existait déjà avant lui, un exposé détaillé de toute chose, un guide et une miséricorde pour des gens qui croient.


Qui y a-t-il d’autre que la patience pour séparer le croyant des délicieux dénouements vécus par Job et Joseph (sur eux la Paix) ? Si Allah (exalté soit-Il) vous rappelle ces événements et ces réussites prophétiques, ce n'est nullement à titre de divertissement. C'est plutôt que ces récits prouvent à quel point ces succès sont et resteront accessibles à tout un chacun, pour peu qu’on décide de suivre leur voie. Malheureusement, la patience fait énormément défaut chez certains de nos frères et sœurs célibataires.


Votre exaucement est un embryon. Laissez-le s’émanciper dans le placenta de la patience et ne le brusquez pas. Si vous placez votre confiance en votre Créateur et Bienfaiteur, il arrivera à terme, au moment opportun.


Il existe plusieurs scénarios qui peuvent expliquer l’écart entre les premières invocations et les exaucements. Le monde entier recense des musulmans qui témoignent de la concrétisation de leurs souhaits après plusieurs années de patience et d’efforts. Certains ne « tournent pas la page », ils « changent carrément de livre », exaspérés par le temps qui passe, sans aucun signe visible. Ces personnes sont l’exemple même de l’impatience au sein de la communauté. Vous disiez que le mariage était devenu votre projet de vie. Si vraiment il l’est comme vous le dîtes (et quel noble projet !), alors vous lui ferez don de la patience qu’il mérite chère sœur. Qui sait si au moment où vous invoquez Allah (exalté soit-Il), votre conjoint n’est pas prêt socialement, voire même religieusement pour se marier avec vous (dans le cas par exemple, où il s’agirait d’une personne reconvertie et qui ne l’est pas encore au moment où vous invoquez Allah (exalté soit-Il)) ? C’est dans ce genre d’exemples qu’entre en jeu la notion de timing. 
Votre exaucement se réalise peut-être, sans que vous ne vous en rendiez compte. 

Êtes-vous suffisamment confiante en Allah pour vous abandonner totalement à Ses choix, ou préféreriez-vous donner l’avantage à vos désirs ? Certaines rencontres peuvent changer radicalement votre vie. Qui sait si Allah (exalté soit-Il) n'a pas écrit qu'un jour, vous croiserez celui qui sera votre mari, bien que cela puisse vous paraître invraisemblable ? 
Cette dernière projection a je le concède, des airs de hiéroglyphes ou d'utopies. Cela dit, les rêves deviennent réalité pour ceux qui sortent de leur sommeil et se mettent à lutter contre les obstacles. 
C’est cela aussi, espérer en la Miséricorde divine. 
Croire avec vigueur et enthousiasme en l’Omnipotence d’Allah est l’un des meilleurs compagnons de l’invoquant. Gardez l’espoir et la joie de faire partie de ceux qu’Allah a choisis afin de Le solliciter, car votre Seigneur est tellement Riche, tellement Puissant, qu’il a entre Ses Mains d’innombrables options qui pourraient vous contentez. 
Gardez en tête que seuls l’effort constant, la patience et la confiance en Sa Force et en Sa Miséricorde, vous séparent de vos objectifs. Ne vous interdisez pas l’espérance. Elle est si précieuse et si illimitée, que seuls les malheureux choisissent de l’abandonner entre les mains de Satan.


Puisse Allah vous inspirez la confiance en Lui. Ainsi, vous y arriverez, sans nul doute.


Et Allah est mieux Savant.



 سبحانك اللهم وبحمدك ، أشهد أن لا إله إلا
أنت ، أستغفرك وأتوب إليك
 
Réponse à une soeur éprouvée par le célibat -
 

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